# Santé liée à la consommation de substances
La santé liée à l’usage de substances est un terme qui renvoie à la manière d’envisager les relations qu’entretiennent les personnes avec les substances comme faisant partie intégrante de leur santé et de leur bien-être en général. Cette approche prend en compte que la consommation se situe sur un continuum allant de l’abstinence à l’utilisation bénéfique, à l’utilisation à faible risque, à l’utilisation à haut risque et aux troubles liés à la consommation de substances. Ce spectre reconnaît que les gens consomment (ou non) des substances pour diverses raisons, par exemple pour des motifs de santé, culturels, rituels, de plaisir personnel, d’apaisement du stress, des traumatismes ou de la douleur.
L’application d’un cadre de santé liée à la consommation de substances signifie que les prestataires, y compris les travailleurs cliniques et de soutien par les pairs, rencontrent les gens là où ils se trouvent pour promouvoir et soutenir leur santé et leur bien-être dans l’ensemble des expériences de consommation. Un cadre de santé liée à la consommation de substances oriente la prestation d’informations et de services de santé fondés sur des données probantes tout au long du continuum de soins.
# Pour en apprendre davantage :
- Cadre de la santé liée à la consommation de substances (en anglais)
- CAPSA : Qu’entendons-nous par la santé liée à l’utilisation de substances?
- Santé Canada : Spectre de la consommation de substances
- Commission de la santé mentale du Canada : Pourquoi nous utilisons l’expression « santé liée à l’usage de substances »
- Association canadienne de santé publique : Cadre pour une démarche de santé publique à l’égard de l’usage de substances
- Substance Use Health Network: What is Substance Use Health?
# Crise des drogues toxiques
L’Ontario, tout comme le reste du Canada, fait face à une crise persistante de drogues toxiques alimentée par un approvisionnement en substances non réglementées. Par conséquent, une proportion importante des drogues consommées par la population est contaminée ou de puissance inconnue. En Ontario, cet approvisionnement en drogues toxiques continue de causer des surdoses, des intoxications et des décès. Une réponse exhaustive et appuyée par des données probantes doit inclure la surveillance, la promotion de la santé, la réduction des méfaits, le traitement et un soutien global.
# Pour en apprendre davantage :
- Santé Canada : Données, surveillance et recherche concernant les opioïdes et autres substances
- Institut canadien d’information sur la santé : Opioïdes au Canada
- ODPRN : Ontario Opioid Indicator Tool (Outil d’indicateurs sur les opioïdes de l’Ontario)
- ODPRN : Suspect Drug-Related and Drug Toxicity Deaths in Ontario (Décès soupçonnés d’être liés à la drogue et à la toxicité des drogues en Ontario)
- Santé publique Ontario : Outil d’information sur l’usage de substances psychoactives et les méfaits connexes
- Bureau du vérificateur général de l’Ontario : Mise en œuvre et surveillance de la Stratégie ontarienne relative aux opioïdes (décembre 2024)
- Association canadienne de santé publique : Démarches de santé publique à l’égard de la crise des drogues toxiques (janvier 2025)
# Réduction des méfaits
La réduction des méfaits désigne les politiques, programmes et pratiques qui visent à atténuer les conséquences négatives sur la santé et les aspects sociaux et juridiques de la consommation de substances sans exiger que l’individu s’engage à s’abstenir de consommer. Elle comprend un éventail de ressources et de services conçus pour s’adapter aux besoins des individus et peut constituer une voie vers des services de traitement et de rétablissement.
- Les programmes d’approvisionnement en matériel de réduction des méfaits offrent une variété d’équipements et de méthodes d’élimination sécuritaires pour favoriser des pratiques plus sécuritaires pour les personnes qui consomment des drogues. Ces programmes représentent une approche fondée sur des données probantes pour atténuer divers méfaits, tels que la prévention de la propagation de maladies transmissibles par le sang, comme le VIH et l’hépatite.
- Les programmes d’analyse de drogues utilisent des technologies et des services pour détecter et mesurer les contaminants présents dans les substances non réglementées et la puissance de celles-ci. Sur le plan individuel, l’analyse de substances est un outil permettant de tester les drogues pour fournir aux personnes plus d’informations et ainsi réduire le risque d’empoisonnement avant leur consommation. Pour l’ensemble du système, l’analyse des drogues sert à surveiller les tendances et les menaces dans l’approvisionnement en drogues, ce qui permet de détecter des tendances émergentes et d’émettre des avertissements aux communautés et aux professionnels de la santé.
- La réponse aux crises est un aspect crucial de la réduction des méfaits, car l’approvisionnement en drogues toxiques peut entraîner des urgences soudaines et potentiellement mortelles. Parmi les interventions, on compte la distribution de naloxone, la formation aux premiers secours en cas de surdose et l’intervention d’urgence.
- Les sites de consommation supervisée sont des endroits où les gens peuvent consommer leurs propres drogues sous la supervision de professionnels de la santé formés, et où l’on offre des services de prévention des surdoses et une intervention médicale au besoin. Ces services ont prouvé qu’ils sauvent des vies, réduisent les décès par surdose et orientent les personnes qui consomment des drogues vers des ressources sociales et à des services de santé.
- Les interventions pour la réduction des méfaits peuvent prendre diverses formes, comme le soutien par les pairs ou le travail de proximité. Le soutien par les pairs peut comprendre, par exemple, l’éducation, l’orientation, ainsi qu’une aide à la navigation qui est pertinente, respectueuse et fiables. Le travail de proximité permet aux gens de recevoir des services de santé et de réduction des méfaits directement là où ils se trouvent.
Dans le contexte de l’approvisionnement en drogues toxiques, ces mesures de réduction des méfaits sont des outils essentiels, fondés sur des données probantes, que de nombreux membres de l’Alliance utilisent pour sauver des vies, réduire les méfaits et promouvoir la dignité et la santé des personnes qui consomment des substances.
# Pour en apprendre davantage :
- Déclaration de l’Alliance : La réduction des méfaits est essentielle pour sauver des vies et bâtir des collectivités plus en santé — Notre déclaration sur la Loi de l’Ontario visant à accroître la sécurité dans les rues et à renforcer les collectivités (décembre 2024)
- Déclaration de l’Alliance : Éliminer l’accès aux soins et programmes vitaux de réduction des méfaits aura des coûts élevés pour les familles de l’Ontario – y compris plus de décès dus à des drogues toxiques et des coûts accrus pour notre système de santé (août 2024)
- United Health Toronto : Examen du Service relatif à la consommation et au traitement du Centre de santé communautaire de South Riverdale (février 2024)
- Gouvernement du Canada : Tableau de bord des sites de consommation supervisée
- WHY SCS
-
ACSM Ontario (CMHA) : Harm Reduction (Réduction des méfaits)
- CATIE : Programme ontarien de réduction des méfaits
- Communauté de pratique nationale sur l’approvisionnement plus sécuritaire
# Traitement
Le traitement est un élément essentiel du continuum de soins pour la santé liée à la consommation de substances. Il est plus efficace lorsqu’il est offert aux personnes sur une base volontaire, tient compte des traumatismes et présente un faible seuil d’accès.
Le traitement et le soutien au rétablissement peuvent inclure :
- Des options thérapeutiques prescrites pour gérer les symptômes et favoriser une consommation réduite ou le rétablissement. Par exemple, le traitement aux agonistes opioïdes (TAO), comme la méthadone, le Suboxone et la morphine orale à libération prolongée.
- Des programmes de gestion du sevrage et des programmes de traitement. Par exemple, les cliniques d’accès rapide aux traitements des dépendances (ARTD) sont un modèle d’assistance médicale facilement accessible pour les personnes qui souhaitent de l’aide concernant leur consommation de substances.
- Des soins globaux pour s’assurer que le traitement inclut un soutien coordonné et continu pour répondre à l’ensemble des besoins des personnes (p. ex., intégration des soins de santé mentale au traitement de la consommation de substances, offre de counseling et de soutien par les pairs, et orientation vers des ressources d’aide au logement).
Le gouvernement de l’Ontario a récemment lancé un nouveau modèle axé sur les investissements dans le traitement et le rétablissement, soit les Carrefours d’aide aux sans-abri et de lutte contre les dépendances (Carrefours AIDE). En date de janvier 2025, des plans étaient établis pour 28 Carrefours AIDE en Ontario. De nombreux membres de l’Alliance sont à la tête d’un Carrefour AIDE dans leur communauté ou en sont partenaires. Le but de ces carrefours est d’améliorer l’accès aux soins de santé, au logement et à d’autres services sociaux. Dans ce modèle, l’accès aux soins de santé comprend les soins de santé primaires, le rétablissement et le traitement des dépendances, ainsi que le soutien en santé mentale.
# Pour en apprendre davantage :
- Gouvernement de l’Ontario : Vers le mieux-être : un plan pour bâtir le système ontarien de santé mentale et de lutte contre les dépendances
- Gouvernement de l’Ontario : Carrefours d’aide aux sans-abri et de lutte contre les dépendances (carrefours AIDE) : document de référence, janvier 2025
- Gouvernement de l’Ontario : Carrefours d’aide aux sans-abri et de lutte contre les dépendances – Parcours du client
- CSM Ontario (CMHA) : Addiction and substance use treatment options (Options de traitement pour les dépendances et la consommation de substances)
# En résumé
L’adoption d’une approche de santé liée à la consommation de substances fondée sur la compassion, les droits de la personne, l’équité et les données probantes aide à lutter contre la stigmatisation, à soutenir les personnes ayant une expérience vécue et actuelle, et à favoriser des communautés plus sûres et plus saines. Une approche de santé liée à la consommation de substances doit proposer un continuum de soins complet : elle doit prendre en compte l’ensemble du spectre de la consommation de substances d’une personne, favoriser la réduction des méfaits, offrir des options facilement accessibles de traitement et de rétablissement, et agir sur les déterminants sociaux de la santé qui sont souvent liés aux problèmes continus de consommation de substances.
# Pour en apprendre davantage :
- Rapport annuel 2023 du médecin hygiéniste en chef (Une question d’équilibre : Une approche mise en œuvre dans l’ensemble de la société à l’égard de la consommation de substances et de ses méfaits) (mars 2024)
- Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances (CCDUS)
- Coûts et méfaits de l’usage de substances au Canada (outil de données interactif)
- Santé publique Ontario : Outil d’information sur l’usage de substances psychoactives et les méfaits connexes (outil de données interactif)