Comment la législation du ministre Hoskins Priorité aux patients peut renforcer les services de santé en français

le Vendredi 4 Novembre 2016
CSC l'Estrie

Le Centre de santé communautaire de l’Estrie, l’un parmi une vingtaine de centres membres de l’ACSO qui offrent des services en français aux Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes de toute la province

Le 6 novembre 1986, le gouvernement provincial de l’Ontario a adopté la Loi sur les services en français. Cette loi confère aux francophones le droit de recevoir des services du gouvernement provincial en français, notamment dans les 26 régions désignées.

Trente ans plus tard, la province a-t-elle donné suite à l’intention de cette mesure législative? Quelles mesures sont nécessaires pour accélérer les progrès? Et quelles dispositions faut-il surveiller dans la loi Priorité aux patients du ministre Eric Hoskins, qui sera adoptée bientôt?

Pour obtenir réponse à ces questions, nous nous sommes entretenus avec Marc Bisson, directeur général du Centre de santé communautaire de l’Estrie et membre du Conseil consultatif des services de santé en français auprès du ministre de la Santé.

La prestation des services en français, n’est-elle pas une question concernant davantage les provinces comme le Québec et le Nouveau-Brunswick qui comptent beaucoup plus de francophones?

Je ne le pense pas. Il y a plus de 612 000 francophones qui vivent en Ontario. C’est la plus grande population francophone vivant à l’extérieur du Québec. De plus, le français est reconnu dans la Constitution canadienne comme l’une des langues officielles de notre pays.

L’adoption de la Loi sur les services en français s’est fait longtemps attendre. Pendant plus d’un siècle, les Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes plaidaient pour que leurs droits linguistiques soient reconnus. Quand ils l’ont été, ce fut une grande victoire, qui a marqué le début d’un nouveau chapitre et de plus grandes aspirations pour les Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes.

Dans quelle mesure le gouvernement provincial a-t-il donné suite à l’intention de la loi?

La bonne nouvelle, c’est que la loi a joué un rôle de sensibilisation et de promotion de la culture et des besoins des Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes. Elle a également donné aux Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes la confiance nécessaire pour demander des services gouvernementaux en français, au moins dans les régions désignées. Par exemple, elle a probablement contribué à la création de centres de santé communautaires francophones, comme celui que je dirige à Cornwall.

Cependant, trente ans après l’adoption de la Loi sur les services en français, il y a encore bien des lacunes à combler. De nombreux francophones plaident pour que leurs droits soient respectés.

Le ministre Hoskins a l’occasion d’intensifier les progrès accomplis grâce à la Loi Priorité aux patients qui vient de franchir l’étape de la deuxième lecture à Queen 's Park. Que recherchez-vous dans cette loi?

Eh bien, nous sommes ravis que la dernière version de la loi du ministre énonce explicitement que faire progresser l’équité en matière de santé sera un objectif clé des RLISS, et que cet objectif comprend la satisfaction des exigences de la Loi sur les services en français. Cependant, dans la version finale de la loi qui régit les RLISS, nous recherchons une formulation plus forte, plus précise. Par exemple, la loi doit enjoindre les RLISS de faire en sorte que les francophones participent à la planification du système. Cela peut se faire en faisant siéger des représentants francophones aux conseils d’administration des RLISS, ainsi qu’aux comités consultatifs des patients et des familles des RLISS.

La loi régissant les RLISS a aussi besoin de dispositions qui font en sorte que lorsque les RLISS héritent d’un contrat de service de soins à domicile des Centres d’accès aux soins communautaires (CASC), ils sont tenus de s’assurer que tous les sous-traitants offrent des services en français. Dans le passé, beaucoup de francophones n’avaient pas accès aux services à domicile des CASC en français. Cela a été un problème grave dans de nombreuses régions de l’Ontario.

Enfin, nous devons apporter des changements à la Loi sur la protection et la promotion de la santé afin de nous assurer que les bureaux de santé publique répondent aux exigences de la Loi sur les services en français en matière de planification, de conception, de prestation et d’évaluation des services. Les bureaux de santé publique forment un élément très important de notre système de santé et ils doivent faire leur part.

Vous trouverez plus de détails sur les changements nécessaires à la Loi Priorité aux patients dans le mémoire soumis par l’ACSO au Comité permanent qui étudie maintenant le projet de loi.

Beaucoup de Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes sont bilingues. Parlez-nous de l’importance pour cette population de recevoir des services de santé en français.

Parler de sa santé, ce n’est pas la même chose que de parler de ses activités quotidiennes. C’est personnel. Il doit y avoir du respect, de la confiance et de la compréhension entre le professionnel de la santé et la personne qui reçoit les soins. Les intervenants en santé mentale vous diront que pour obtenir le bon diagnostic et le bon plan de traitement, la première étape consiste à établir un lien culturel et linguistique solide. Il a aussi été établi que les personnes souffrant de démence vont revenir à leur langue maternelle, même si elles ont parlé l’anglais pendant la majeure partie de leur vie.

À notre CSC, nous voyons tous les jours des gens qui peuvent à peine parler l’anglais. Ils ont eu des difficultés dans d’autres parties du système de santé parce qu’ils n’avaient pas accès à des services en français. Nous savons que, en leur offrant des services de soins primaires en français, nous avons une meilleure chance de les garder en bonne santé et de réduire leur besoin des autres types de services de santé.

La province vient d’annoncer le financement d’un nouveau site géré par votre centre de santé communautaire à Limoges, une petite communauté située environ 35 kilomètres à l’est d’Ottawa. Quels changements positifs cela apportera-t-il aux francophones qui y vivent?

C’est énorme pour eux. Ils seront en mesure d’accéder aux soins primaires ainsi qu’aux services liés aux maladies chroniques, à la santé mentale et à l’éducation sur le diabète. Nous serons également en mesure de collaborer avec d’autres organismes afin d’offrir d’autres types de services. Le site fera partie d’un centre communautaire – un excellent modèle pour promouvoir un accès élargi aux services de langue française et respecter les promesses faites dans la Loi sur les services en français.

How Minister Hoskins’ Patients First legislation can strengthen French Language Health Services

le Vendredi 4 Novembre 2016
CSC l'Estrie

People served by le Centre de santé communautaire de l’Estrie, one of more than 20 AOHC members that provide French-language services to Franco-Ontarians across the province

On November 6th, 1986 Ontario’s provincial government enacted the French Language Services Act. The Act confers Francophones with the right to receive provincial government services delivered in French, notably in the 26 designated areas.

Thirty years later has the province followed through on this legislation’s intent? What’s required to step up progress? And what provisions should we look for in Minister Eric Hoskins’ soon to be passed Patients First legislation?

For the answers to these questions, we’ve turned to Marc Bisson, Executive Director of Cornwall’s Centre de santé communautaire de l’Estrie and a member of the Health Minister’s French Language Health Services Advisory Council.

Isn’t the delivery of French language services more an issue for provinces like Quebec and New Brunswick with significantly large numbers of Francophones?

I don’t think so. Over 612,000 Francophones live in Ontario. It’s the largest Francophone population living outside Quebec. What’s more, French is recognized in the Canadian constitution as one of our country’s official languages.

The passage of the French Language Services Act was a long time coming. For over a century Franco-Ontarians advocated for our language rights to be recognized. When they were, it was a huge victory, one that marked the beginning of a new chapter and greater aspirations for Franco-Ontarians.

To what extent has the provincial government followed through on the Act’s intent?

The good news is that the Act has educated and promoted Franco-Ontarian culture and needs. It has also given confidence to Franco-Ontarians to request government services in French, at least in designated areas. For example, it probably contributed to creation of Francophone Community Health Centres, like the one I lead in Cornwall.

However, thirty years after the French Language Services Act was passed, there are still many gaps to fill. Many Francophones are advocating for their rights to be honoured.

Minister Hoskins has an opportunity to step up progress with Patients First legislation which has just gone through its second reading at Queen’s Park. What are you looking for in that legislation?

Well, we’re pleased the Minister’s latest version of legislation explicitly states that advancing health equity will be a key objective of the LHINs and this objective includes meeting the requirements of the French Language Services Act. But in the final version of the Act governing the LHINs, we’re looking for stronger, more precise language. For example, the Act needs to direct LHINs to make sure Francophones are involved in system planning. This can be achieved by having Francophone representatives sitting on LHINs boards of directors, as well as LHINs’ Patient and Family Advisory Committees.

The LHIN legislation also needs wording that makes sure that when LHINs inherit home care service contract from Community Care Access Centres (CCACs), they’re obliged to ensure any third party contractors deliver services in French. In the past, many Francophones have not been able to access CCAC home services in French. This has been a serious problem in many regions in Ontario.

Finally, we need changes to the Health Protection and Promotion Act to ensure Public Health Units meet the requirements of the French Language Service Act as they plan, design, deliver and evaluate services. Public Health Units are a very important part of our health system and they must do their part.

You can find more details about the required changes to the Patient’s First legislation in AOHC’s submission to the Standing Committee now studying the Bill. 

Many Franco-Ontarians are bilingual. Tell us more about why it’s so important they receive their health services in French.

Talking about your health is not the same thing as talking about everyday activities. It’s personal. There needs to be respect, trust and understanding between the health provider and the person receiving care. Mental health worker will tell you that to reach the right diagnosis and treatment plan, the first step is establishing a strong cultural and linguistic connection. It’s been also established that people suffering dementia will return to their mother tongue even if they spoke English during most of their life.

At our CHC, every day we see people who can barely speak English. They’ve struggled in other parts of the health system because they haven’t been able to access services in French. We know that by providing them with primary health care services in French we have a better chance keeping them well and reducing their need for other types of health services.

The Province just announced funding for a new site run by your Community Health Centre in Limoges, a small community about 35 kilometres east of Ottawa. What positive change will this bring to Francophones living there?

It is huge for them. They’ll be able to access primary care as well as services related to chronic diseases, mental health, and diabetes education. We’ll also be able to partner with other agencies to deliver other kinds of services. The site will be part of a community hub -- a great model to promote expanded access to French language services and follow through on the promises made in the French Language Services Act.

Documentary and panel take close look at how harm reduction services put people and communities first

le Mercredi 12 Octobre 2016

Lived experience helps inform Roxanne Smith’s role as a harm reduction worker at South Riverdale CHC.

The Stairs, a Toronto-shot documentary that presents a raw and honest picture of harm reduction efforts in the city’s Regent Park neighbourhood, is screening now at the TIFF Lightbox. On Wednesday, October 12, at 6:40 p.m., the film’s screening will be followed by a special panel discussion that includes Raffi Balian (program coordinator for COUNTERFit, which provides harm reduction services through South Riverdale CHC), Roxanne Smith (one of the doc’s subjects, and also a harm reduction worker at South Riverdale CHC), plus city councillors Gord Perks and Joe Cressy (city councils leads for Toronto’s drug strategy).

The documentary, which was shot over the course of five years, traces the origins, struggles, triumphs and involvement in harm reduction both personally and professionally of three people who use/used drugs in the Regent Park area. In addition to allowing the voices of an oft-ignored community to be heard relatively unfiltered, The Stairs makes the case for why harm reduction work embedded in an interprofessional primary care setting – with its connections to mental health, housing and employment services – can truly make a difference in people’s lives.

“People who understand the life experience of drug users, understand what it takes,” Smith told the audience at the film’s world premiere at the Toronto International Film Festival in September. “That’s why you let consumers build programs for consumers.”

The panel is set to discuss ongoing developments in harm reduction policies, the importance of the movement to include supervised injection services as part of the overall strategy, and the role of AOHC members in reducing the stigma and harm to individuals in Ontario who use drugs.

Check out this article in The Globe and Mail to learn more about the film’s director, Hugh Gibson, and one of the other harm reduction worker subjects of the film, Marty Thompson.

Here’s the trailer for The Stairs:

Notre système de santé et la question de la vision : « C’était la bonne décision à prendre »

le Mardi 4 Octobre 2016

Nos dirigeants doivent faire preuve du même courage que possédait Tommy Douglas.

par Gary Machan, équipe des politiques et des relations avec les intervenants

Lors d’une conférence nationale commémorant le 50e anniversaire de l’assurance-maladie il y a quelques années, j’ai eu la chance d’être assis à la même table qu’un couple âgé, qui avait fait partie d’une poignée de médecins qui sont sortis des rangs pour appuyer la vision des soins publics au Canada de Tommy Douglas. Lorsqu’on leur a demandé pourquoi ils ont agi ainsi, leur réaction immédiate a été : « C’était la bonne décision à prendre. » Je n’avais aucune idée des représailles qu’ils ont dû subir de la part de leurs collègues. Une hostilité, faut-il le préciser, qui persiste malheureusement aujourd’hui.

Je partage cette anecdote parce que je crois fermement qu’à moins que les responsables de la transformation du système de santé de l’Ontario, et en particulier la première ministre Kathleen Wynne et le ministre de la Santé et des Soins de longue durée Eric Hoskins, démontrent la même vision et le même courage, il est hautement improbable que l’assurance-maladie survive. En dernière analyse, se contenter de construire plus d’hôpitaux et d’embaucher plus de médecins n’est pas la solution. Au mieux, cela nous donnera quelques années de répit.

Pourquoi? Parce que cette mesure ne fait rien pour régler les problèmes systémiques comme la pauvreté et l’isolement social, problèmes auxquels se heurtent tous les jours de nombreux usagers onéreux. Imaginez que vous êtes devant une baignoire qui déborde. Vous avez le choix entre deux options : premièrement, vous pouvez diminuer le débit d’eau, en faisant la promotion de la santé. Ou vous pourriez essayer de trouver plus de seaux, c’est-à-dire offrir plus de soins. À ce jour, l’approche du Ministère a été fortement orientée vers la deuxième option, malgré le fait qu’elle soit non seulement moins efficace, mais aussi beaucoup plus coûteuse.

Prenons le cas du maillon santé de Simcoe-Nord. Ce qui rend cette recherche si déterminante, c’est la mesure dans laquelle elle démontre non seulement l’extrême pauvreté, la faim et l’isolement social de la population desservie par ce maillon santé, mais aussi comment même des investissements modestes pour contrer les déterminants sociaux de la santé ont eu des effets notables, soit des réductions de 30,8 pour cent du nombre de visites à l’urgence, de 45,1 pour cent dans les soins aux patients et de 37,5 pour cent des coûts hospitaliers. Sans parler de l’amélioration considérable de la qualité de vie des patients du maillon santé.

Mais malgré le succès de ce maillon santé novateur, qui s’il est reproduit efficacement à grande échelle pourrait dégager des économies nettes de centaines de millions de dollars, rien dans la récente Loi accordant la priorité aux patients n’offre une définition de la santé, ce qui constitue un signal d’alarme pour l’avenir. La Loi sur la réforme des soins de santé ne contient aucune mesure donnant aux RLISS le mandat de soutenir le travail de promotion de la santé, dont ils ont désespérément besoin pour réussir selon les moyens préconisés par l’ACSO et l’ASPO.

Ce qui me ramène à la question de la vision : la nécessité d’une attitude qui va au-delà des hôpitaux et des médecins, et le courage d’adopter des lois qui aident les fournisseurs de soins primaires à résoudre les problèmes systémiques grâce à la promotion de la santé. Eric Hoskins se montrera-t-il à la hauteur et prendra-t-il la bonne décision, comme ses braves prédécesseurs l’ont fait quand ils ont mis sur pied l’assurance-maladie? La réponse à cette question pourrait bien décider du sort du régime universel des soins de santé en Ontario, sinon dans ce pays.

Our health system and the vision thing: ‘It was the right thing to do’

le Mardi 4 Octobre 2016

We need our leaders to display the type of courage Tommy Douglas had.

by Gary Machan, Policy and Stakeholder Relations Team

While attending a national conference commemorating the 50th anniversary of medicare a few years ago, I had the good fortune to have dinner with an elderly couple who were but a handful of doctors that broke rank from their peers to support Tommy Douglas’s vision for public health care in Canada. When asked why they did it, their immediate response was: “It was the right thing to do.” Little did I know what they had to endure in the way of backlash from their peers. Enmity, I might add, that regrettably persists today.

I share this story because I firmly believe that unless those tasked with transforming Ontario’s health system, and in particular Premier Kathleen Wynne and Minister of Health and Long-Term Care Eric Hoskins exhibit the same vision and courage, it is highly unlikely that medicare will survive. The bottom line is that simply building more hospitals and hiring more doctors is not the answer. At best, it will buy us a few more years.

Why? Because it does nothing to deal with the systemic issues such as poverty and social isolation, which are the issues that a lot of high cost users contend with every day. Imagine you are faced with an overflowing bathtub. There are two courses of action: First, you could turn down the water flow, i.e. health promotion. Or you could try and grasp for more buckets, i.e. treatment. To date, the Ministry’s approach has been heavily weighted towards the latter, despite the fact that not only it is less effective, it is far more expensive.

Consider the case of North Simcoe Health Link. What made this research so potent is the extent to which it demonstrates not just the extreme poverty, hunger and social isolation amongst the people it serves, but also how even modest investments to address the social determinants of health yielded significant impacts, i.e. 30.8 per cent reduction in ER visits, 45.1 per cent reduction in patient care, and 37.5 per cent reduction in hospital costs. That’s not to mention the vastly improved quality of life for the Health Link’s patients.

But despite the success of this innovative Health Link, which if properly scaled up and replicated could net cost savings of hundreds of millions of dollars, there is nothing in the latest Patients First legislation that offers a definition of health, which is a red flag for the future. Neither does the health care reform legislation contain any object that would provide the LHINs with a mandate to support health promotion work, which they desperately need to do if they are to be successful in the ways AOHC and OPHA are advocating.

All of which brings me back to that “vision thing”: the need for a mindset that extends beyond hospitals and doctors, and courage to introduce legislation that supports primary health care providers to address the systemic issues through health promotion. Will Eric Hoskins rise to the occasion and do the right thing, like his brave predecessors did when they built medicare? The answer to this question may decide the fate of universal health care in Ontario, if not the country.

Guys Can Cook! : la recette du succès est de faire participer les jeunes à la conception du programme

le Mardi 27 Septembre 2016
Des participants au programme Guys Can Cook roulent de la pâte à pizza avec un étudiant-chef du collège George Brown, au CSC Four Villages, en 2015.

Des participants au programme Guys Can Cook (Les gars savent cuisiner) roulent de la pâte à pizza avec un étudiant-chef du collège George Brown, au CSC Four Villages, en 2015.

Par Jason Rehel, auteur et éditeur du contenu, ACSO

Donnez à un jeune un cours magistral de nutrition, et il pourrait bien l’oublier le jour même. Montrez-lui à cuisiner des repas nutritifs qu’il aime manger et partager avec des amis, et ces leçons pourraient bien durer toute sa vie. Impliquer le jeune dans la manière dont le cours se donne? Vous créez chez lui une motivation et un mieux-être à long terme. C’est le principe qui anime la promotion de la santé dans les sept centres de santé communautaire de Toronto à offrir un programme intitulé Guys Can Cook! (GCC).

GCC s’adresse aux adolescents et aux jeunes adultes issus de quartiers défavorisés. Il émane du programme pilote des centres de santé communautaire Four Villages et Davenport-Perth, et forme aujourd’hui un partenariat à impact élevé entre les centres de santé communautaire, avec la santé publique de Toronto, les services sociaux et d’emploi de Toronto et West End Urban Health Alliance Nutrition Affiliate. Ses objectifs consistent à garder en bonne santé les jeunes de 13 à 24 ans en leur donnant les outils et les connaissances nécessaires pour mieux vivre et mieux manger, contribuant ainsi à prévenir l’obésité et des maladies chroniques plus tard. Mais les diététistes et les intervenants auprès des jeunes des CSC se sont rendu compte que les cours magistraux ne fonctionneraient pas. GCC a alors demandé aux jeunes comment ils voulaient étudier la nutrition, et les résultats ont été concluants.

« Avant, je ne mangeais pas tellement de fruits et de légumes, et maintenant j’en mange plus », dit Jose Emiliano Chamale Leiton, un participant au programme de 13 ans qui a été aiguillé vers GCC par son professionnel des soins primaires au CSC Four Villages. « Ce programme m’a aidé à améliorer mon maniement du couteau, et maintenant je cuisine parfois à la maison. »

#LA RECETTE DU SUCCÈS DE GUYS CAN COOK!

GCC s’inspire de l’expertise de chefs communautaires locaux, y compris les instructeurs du collège George Brown, des diététistes et des intervenants auprès des jeunes des CSC, ainsi que du soutien et de l’encouragement des pairs leaders. Offerts dans les cuisines du Centre de santé communautaire, les ateliers accueillent de 10 à 12 jeunes après l’école pendant sept semaines chaque année.

Le chef Hubert Wysokinski enseigne le maniement du couteau dans la cuisine du CSC Davenport-Perth dans le cadre du programme GCC en 2016.

Les séances sont conçues pour inspirer la confiance, maintenir l’intérêt et leur enseigner la nutrition tout en améliorant leurs compétences en cuisine. Les impacts mesurés par les coordonnateurs du programme comprennent l’augmentation des connaissances en nutrition, un sentiment accru d’appartenance et une exposition plus grande à des modèles positifs. De plus, GCC ouvre des débouchés pour les participants : à l’issue des ateliers, les jeunes peuvent s’inscrire à la formation en hygiène alimentaire offerte sans frais par la santé publique de Toronto aux diplômés du programme. Le certificat en hygiène alimentaire aide les diplômés du programme à décrocher un emploi d’été ou à temps partiel. Près des trois quarts de tous les diplômés de GCC ont obtenu leur certificat.

Des participants à Guys Can Cook! assistant à un atelier d’éducation nutritionnelle étudient les étiquettes des produits au CSC Davenport-Perth en 2016.

#APPRENDRE ENTRE AMIS À PRÉPARER DES PLATS CUISINÉS À LA MAISON

Les pairs leaders qui ont déjà obtenu leur diplôme de GCC forment un nouvel élément du programme. Comme le dit José, le fait de voir ses pairs a fait une grande différence au début : « À ma première expérience, j’étais intimidé et nerveux, mais quand j’ai vu que mon ami était aussi inscrit au programme, je me suis senti plus à l’aise. »

Les jeunes précisent que le programme est un excellent endroit pour se faire de nouveaux amis et tisser des relations. Si le leadership des pairs et les possibilités de socialisation des jeunes ne sont que quelques aspects de l’orientation vers les jeunes de GCC, nous les considérons comme des succès clés qui abordent l’isolement social et le besoin de lieux et de programmes où les jeunes éprouvent un sentiment d’appartenance.

#MOBILISER LES JEUNES DIRECTEMENT AFIN DE TRANSFORMER LE PROGRAMME

« Au début, nous n’avions pas demandé aux jeunes comment ils souhaitaient que le contenu du programme leur soit présenté », dit Julia Fursova, coordonnatrice du projet GCC. « Par exemple, les préférences qu’ils pourraient avoir sur les plats qu’ils allaient apprendre à cuisiner. »

Les organisateurs de GCC ont parlé à leurs jeunes participants de la façon dont le programme devrait évoluer au moyen de discussions ouvertes et de grands tableaux de papier.

« Nous ne voulions pas que le sondage de rétroaction ressemble à un devoir ou à un examen », dit-elle.

Les échanges ont donné des résultats : un livre de cuisine inspiré par les jeunes dans lequel les chefs instructeurs pouvaient puiser, une liste de plats adaptés à la culture des participants, ce qui a stimulé la mobilisation dans le programme GCC.

Les méthodes d’enseignement ont également subi une cure de rajeunissement, en fonction des souhaits de ces jeunes hommes : plus de jeux et de compétition.

« Nous utilisons toutes sortes d’outils, de Jeopardy! à un bingo sur la nutrition pour comparer les étiquettes nutritionnelles, et à demander aux garçons d’apporter leurs menus favoris que nous étudierons ensemble », dit Cindy Lui, diététiste au programme GCC. « Les jeunes semblent absorber l’information tellement mieux de cette façon, et je suis en mesure de relier mes leçons de nutrition aux recettes que nous préparons ce jour-là. »

Pour les jeunes comme Jose, la possibilité d’accéder à un programme comme GCC par l’entremise du professionnel de soins primaires de son père a joué un rôle essentiel. En tant que diététiste du CSC, Cindy Lui l’a dirigé vers le programme après qu’une infirmière praticienne au CSC Four Villages l’ait dirigé vers elle.

Maintenant, Jose a un plat préféré à cuisiner, un plat que beaucoup d’adultes pourraient même trouver intimidant : la lasagne. Au-delà de son bien-être futur, cependant, le jeune de 8e année a acquis une nouvelle perspective sur la nutrition en général : « Quand nous ne cuisinons pas pendant le programme, nous parlons des aliments et de ce qu’ils font pour notre corps et des trucs comme ça », dit-il. « J’ai vraiment beaucoup appris. »

La chef Kelly Ptashnik du collège George Brown enseigne des habiletés culinaires dans le cadre du programme GCC à Access Alliance MHCS en 2015.

À Barrie, un conseil communautaire répond aux besoins du milieu grâce à des programmes qui remplissent leurs promesses

le Mercredi 21 Septembre 2016

Mary Helen Garvin, membre du conseil communautaire, à droite, assiste à un événement de reconnaissance des bénévoles du Centre de santé communautaire de Barrie.

Soucieux d’accorder la priorité aux personnes et aux communautés, les membres de l’ACSO mobilisent la clientèle à chaque étape de la planification, de l’élaboration et de l’évaluation des services et programmes de promotion de la santé et du bien-être. Pour ce faire, les membres de l’ACSO sont aussi régis par des représentants du milieu, ce qui les distingue des autres éléments du système de soins primaires de l’Ontario.

Mary Helen Garvin, membre du conseil du Centre de santé communautaire de Barrie (BCHC) siège au conseil du centre depuis deux ans sur un mandat de trois ans. Psychothérapeute retraitée, elle participe activement aux programmes et fait appel aux services du BCHC. Nous nous entretenons avec madame Garvin au sujet de son rôle en tant que membre du conseil communautaire du BCHC.

Q. Selon vous, en quoi un conseil communautaire se distingue-t-il d’un conseil essentiellement professionnel ou institutionnel?

R. Au-delà de la fierté du travail accompli, il y a celle du sentiment d’appartenance; ce conseil fait partie de ma communauté. L’organisme que soutient notre conseil sert des personnes qui comptent pour moi, et moi-même, à titre personnel. Alors mon intérêt envers la bonne gestion du centre est à la fois égoïste et altruiste. S’il veille à la saine gestion financière, un conseil communautaire est davantage axé sur le service que sur le profit.

Q. De quelle manière pensez-vous qu’un conseil régi par la communauté améliore les programmes du BCHC?

R. Les deux tiers des membres de notre conseil sont des personnes qui utilisent le centre; elles sont donc familiarisées avec son fonctionnement. Cela signifie aussi que nous sommes toujours en train de réfléchir à ce qui fonctionne bien, aux ajouts qui pourraient être nécessaires ou aux programmes qui ont particulièrement besoin de notre soutien à l’intérieur de l’organisme comme dans la collectivité. Le dernier tiers des membres du conseil se compose de gens actifs dans le milieu, qui en connaissent les besoins. Pour citer un exemple, il a le lien tissé entre le BCHC et l’École secondaire Innisdale. Ce programme, maintenant appelé Youth Health Connect (YHC) en est à sa troisième année et implique des visites hebdomadaires à l’école d’une équipe de promotion de la santé communautaire. Au cours des deux périodes de repas des élèves, l’équipe les sensibilise à une foule de questions dans un cadre informel et positif pour les jeunes. Fondé sur les déterminants sociaux de la santé, ce modèle de santé préventif offre des ressources et un accès aux professionnels dans des domaines comme le logement, la saine alimentation, la santé mentale et le bénévolat des jeunes, et dans d’autres domaines d’intérêt définis par les jeunes eux-mêmes. Ce programme est issu de notre conseil grâce à un membre du conseil qui était associé au système scolaire, et nous espérons l’étendre à d’autres écoles.

Q. De quelle manière vos expériences au centre en tant que patiente et en tant que participante aux programmes vous ont-elles guidée à la table du conseil?

R. En tissant des liens avec d’autres bénévoles et membres du personnel, ou en participant à certains programmes offerts, je suis en mesure d’approfondir mes connaissances du travail du centre. Cette connaissance contribue à ma capacité d’évaluer, de manière plus éclairée, ce qui se passe au centre, et les domaines où il pourrait y avoir des lacunes ou des besoins non comblés.

Q. Pourquoi pensez-vous les que les CSC sont bien placés pour promouvoir la participation aux programmes de promotion du bien-être? R. Je suis une inconditionnelle du modèle de fonctionnement des CSC! Je pense que nous sommes plus efficaces dans la promotion du bien-être à cause de l’approche holistique des soins de santé. Le personnel et les bénévoles offrent tout un éventail de services sous un même toit : physiothérapeutes, conseils en nutrition, travailleurs sociaux, psychiatre consultant, programmes d’exercice, gestion du diabète, ainsi que des médecins, des infirmières praticiennes, des infirmières, etc. Ainsi, les gens ont la possibilité de découvrir les programmes de mieux-être et de prévention de la maladie, en plus des traitements. Les membres du personnel consultent les autres services, pour éviter aux clients de devoir parcourir toute la ville et d’attendre longtemps pour obtenir une consultation ou un rapport. Par exemple, des programmes comme notre groupe de marche, un programme d’exercice gratuit encadré par un physiothérapeute, offrent des connaissances sur la prévention et les soins directement aux personnes dans notre bassin de population et lèvent les obstacles aux soins tout réduisant l’isolement social. C’est tout cela qui distingue le CSC de Barrie, et c’est pourquoi je suis fière d’être membre bénévole du conseil du Centre de santé communautaire de Barrie.

Au cours de la semaine santé communautaire et bien-être, le CSC de Barrie invite tout le monde à une démonstration de marche et de gymnastique au bord du lac, le lundi 26 septembre à 9 h 30. Le groupe se réunira au Spirit Catcher. Pour de plus amples renseignements sur d’autres événements qui auront lieu tout au long de la semaine au BCHC, consultez bchc.ca.