Depuis des années, nos membres sont en première ligne de la crise dévastatrice des drogues toxiques, une situation aggravée par un manque fulgurant de logements abordables et de soutien.
Nous reconnaissons les efforts actuels du gouvernement fédéral pour s'attaquer à certains de ces défis par le biais de programmes ciblés, tels que l'Initiative pour la création rapide de logements (ICRL) et le Fonds d'urgence pour le traitement (FUT), ainsi que l'engagement du premier ministre Mark Carney de faire du logement abordable une priorité. Le premier ministre Carney a été élu sur une plateforme qui comprend la promesse d'établir l'initiative Maisons Canada (MC) pour construire des logements abordables à grande échelle, y compris sur des terrains publics, d'accélérer la construction grâce à des méthodes novatrices et industrialisées, et d'injecter 10 milliards de dollars en financement à faible coût et en capitaux pour des foyers destinés aux Canadiens à revenu faible et moyen. Nous demandons au gouvernement de tenir ces engagements en matière de logement accessible et abordable, et de continuer à promouvoir et à financer des services vitaux qui sauvent des vies et qui garantissent l’accès aux soins à tous les Canadiens, à mesure que nous bâtissons le Canada.
# La problématique
La fermeture des sites et des services de consommation et de traitement (SCT) en Ontario a éliminé un point d'accès essentiel au continuum de soins de santé et de services sociaux liés à la toxicomanie, sans offrir de solution de rechange comparable. Par conséquent, nos membres, qui sont des organismes de soins de santé primaires partout en Ontario, constatent des conséquences néfastes sur la santé publique et les communautés, notamment une augmentation de la consommation de drogues en public et une pression accrue sur les sites encore ouverts.
Le manque de logements de soutien amplifie encore davantage ces impacts. Les logements de soutien n’offriraient pas seulement aux locataires un espace de vie sécuritaire, mais aussi un accès à des services sociaux et de santé essentiels qui peuvent aider les personnes marginalisées à se remettre sur pied. Voici ce que le gouvernement fédéral doit faire pour augmenter le nombre de logements de soutien : injecter des capitaux supplémentaires pour la construction de logements; assurer un financement de base stable pour la prestation continue des services et l'entretien des bâtiments; et permettre l'accès à des sites appropriés et bien situés, notamment en débloquant des terrains publics. Ces problèmes ne se limitent pas à une seule province et leur résolution nécessite une collaboration significative entre tous les ordres de gouvernement. Le leadership fédéral pour faire avancer des solutions créatives sera d'une grande aide pour s'attaquer à une série de crises complexes et pour s'assurer que les communautés à travers le Canada soient sécuritaires et bienveillantes pour tous.
# Pourquoi le logement de soutien est-il important?
Nos membres croient fermement que le modèle du logement d'abord est la méthode de soins la plus efficace et efficiente. Il élimine la variable la plus dangereuse dans la prestation des soins de santé primaires : des conditions de vie instables. Le modèle du logement d'abord augmente également la probabilité qu'une personne continue d'accéder aux soins et aux services de traitement à long terme. Cette approche offre un logement permanent sans exigences de sobriété ou de traitement préalables et offre des services de soutien directement là où les gens vivent, y compris de la gestion de cas, des soins de santé primaires, des soins de santé mentale et des soins liés à la toxicomanie. Des études montrent que l'adoption d'une stratégie de logement d'abord, où le logement est un préalable mis en place pour soutenir le rétablissement et non une récompense pour celui-ci, améliore la stabilité résidentielle, la qualité de vie et l'engagement communautaire des résidents. Stabiliser les personnes d'abord est le moyen le plus efficace pour qu’un plan de traitement ou de réduction des méfaits fonctionne.
Le modèle du logement d'abord est également financièrement judicieux, car des études indiquent que les coûts du programme sont compensés par une réduction de la pression sur les refuges, les hôpitaux et les services d'urgence. En bref, le logement d'abord transforme la survie chaotique en une plateforme d'engagement, de traitement et de sécurité, ce qui le rend indispensable à la réponse du Canada à la crise des drogues toxiques.
# La réduction des méfaits dans le continuum de soins
Les services de réduction des méfaits sont un pilier fondamental du continuum de soins, car ils permettent aux gens de rester en vie et de demeurer connectés suffisamment longtemps pour bénéficier des services de traitement et de rétablissement. Dans le cadre canadien, le continuum inclut explicitement la réduction des méfaits en plus du traitement et du rétablissement, reconnaissant des services comme la consommation supervisée, le contrôle des drogues et l’approvisionnement sûr comme des soins de santé fondés sur des données probantes. La recherche montre que les services de consommation supervisée réduisent la morbidité et la mortalité liées aux surdoses et améliorent l'accès au traitement de la toxicomanie.
La réduction des méfaits est la porte d'entrée et le filet de sécurité du système de santé mentale. Elle stabilise les gens, réduit les décès et les maladies évitables, et renforce la confiance, de sorte que plus de personnes peuvent faire la transition vers les traitements, le counseling et le logement de soutien, et y demeurer. Nous devons nous assurer que les futurs projets de logements de soutien intègrent explicitement des stratégies de réduction des méfaits dans leur continuum de soins, garantissant l'accès pour ceux qui en ont besoin et contribuant à leur parcours de traitement global.
# Comment le gouvernement fédéral peut aider?
Le gouvernement fédéral a reconnu la gravité des crises liées aux drogues toxiques, à la toxicomanie, au logement et à la santé mentale, ainsi que la pression que ces problèmes interdépendants exercent sur les gouvernements, les communautés et les familles. Nous voulons travailler en collaboration pour préserver les services essentiels qui ont fait leurs preuves pour sauver des vies, réduire les coûts des soins de santé et atténuer la transmission de maladies contagieuses. Bien que nous continuions de travailler avec le ministère de la Santé de l'Ontario pour tracer la voie à suivre, nous cherchons le soutien du gouvernement fédéral pour aider à préserver les services vitaux.
Nous demandons au gouvernement fédéral de :
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Augmenter le développement de logements de soutien avec des services vitaux de réduction des méfaits et de traitement dans leurs opérations de base. L'augmentation du financement de l'Initiative pour la création rapide de logements (ICRL) est le moyen le plus immédiat et le plus efficace pour le gouvernement fédéral de nous aider à répondre aux besoins en logements de soutien du Canada. L'ICRL accélère la création de foyers très abordables et de soutien en finançant des projets qui peuvent être réalisés rapidement, souvent par le biais de constructions modulaires et de conversions d'hôtels ou de bureaux, tout en offrant des subventions qui peuvent couvrir la plupart des coûts en capital afin que les organismes à but non lucratif et les partenaires Autochtones puissent réellement construire. L'initiative garantit l'abordabilité à long terme grâce à des clauses de plus de 20 ans, qui maintiennent les coûts d'exploitation plus bas pour les résidents, cible les personnes ayant les plus grands besoins, et permet de créer rapidement des dizaines de milliers de logements à l'échelle nationale. Cela s’aligne directement avec la promesse de votre gouvernement de construire des foyers plus rapidement, de manière plus intelligente, durable et abordable. En injectant des fonds dans un programme qui a fait ses preuves, nous pouvons agir rapidement et efficacement pour construire le type de logement qui s'attaquera aux causes les plus aiguës de l'itinérance chronique.
Cela permet également aux fournisseurs de services de moderniser et d'intégrer la prestation de services vitaux dans ces projets pour répondre aux besoins des plus vulnérables de nos communautés. Nous voyons le nouveau projet de logement à Dunn House à Toronto comme un modèle exemplaire de la façon dont le Canada devrait déployer des projets similaires.
- Renouveler les investissements dans le Fonds d'urgence pour le traitement (FUT) pour aider les intervenants communautaires à offrir des services de traitement de la toxicomanie et de prévention des surdoses qui sauvent des vies. Le Fonds d'urgence pour le traitement (FUT) est un programme fédéral qui a été extrêmement bénéfique pour les municipalités et les communautés Autochtones en s'attaquant directement à la crise des drogues toxiques en cours. Plusieurs de nos membres ont réussi à présenter des propositions de financement par l'entremise de leurs municipalités respectives pour des services de réduction des méfaits et de traitement qui sauvent des vies, comme l'approvisionnement sûr, les équipes de sensibilisation communautaire et les programmes d'éducation et de soins adaptés à la culture et aux traumatismes. Ce gouvernement s'est engagé à protéger les valeurs canadiennes, y compris le droit de chaque citoyen à l'accès aux soins de santé publics, où et quand ils en ont besoin. Cela doit à juste titre inclure les soutiens et les options de traitement essentiels en matière de santé mentale et de toxicomanie. Nous exhortons le gouvernement fédéral à continuer d'investir dans le programme du FUT pour soutenir un meilleur accès.
- Financer directement les services de réduction des méfaits, y compris la distribution de seringues stériles et la consommation supervisée, pour sauver des vies et prévenir la propagation des maladies. En fin de compte, les services de réduction des méfaits qui sauvent des vies sont menacés partout en Ontario. Le gouvernement provincial a choisi de fermer 10 sites de consommation supervisée, et nous craignons que d'autres ne soient ciblés au cours des prochaines années. Le nouveau modèle des carrefours AIDE (Carrefours d’aide aux sans-abri et de lutte contre les dépendances) a ses mérites pour augmenter la capacité de traitement et de logement de soutien. Mais il interdit de façon critique la réduction des méfaits, qui, nous le savons, est un point d'entrée dans le système pour de nombreuses personnes. Nous devons nous assurer de soutenir un continuum complet de soins, et nous nous tournons vers le gouvernement fédéral pour financer directement ces stratégies éprouvées en clinique, telles que la distribution de seringues stériles et la consommation supervisée.
Nous sommes reconnaissants d'avoir l'occasion de soumettre nos recommandations à l'examen du ministère des Finances et nous sommes impatients de collaborer à l'avenir sur ces questions vitales.