Les soins d’affirmation de genre doivent être accessibles à tous. Sans ces soins, des vies sont en danger.

Chaque personne, quel que soit son âge, a droit à des soins d’affirmation de genre. Cependant, au Canada, ce droit est actuellement menacé pour certaines personnes, comme les jeunes et la population 2SLGBTQ+, ce qui met aussi leur santé en péril.

Chaque individu a le droit de recevoir des soins de santé qui tiennent compte de sa culture et qui sont centrés sur la personne. Ce droit aux soins permet de sauver des vies et d’aider les personnes qui font face à des obstacles à survivre et à s’épanouir. Ce droit inclut l’accès à des soins d’affirmation de genre, y compris le soutien à la transition, pour les personnes qui s’identifient comme transgenres. Le Canada présente des taux élevés d’intimidation (77%) chez les jeunes de la diversité sexuelle et de genre, et les soins d’affirmation de genre sont nécessaires pour remédier aux problèmes de santé mentale qui touche cette population. Les taux élevés d’intimidation et la santé mentale plus précaire contribuent également à un taux d’idées suicidaires cinq fois plus élevé chez les jeunes transgenres que chez leurs pairs cisgenres; leur taux de tentatives de suicide est 7,6 fois plus élevé (Suicidality among sexual minority and transgender adolescents: a nationally representative population-based study of youth in Canada | CMAJ).

Dans ce contexte, il est décourageant de constater que deux provinces canadiennes, l’Alberta et la Colombie-Britannique, ont adopté des mesures pour restreindre les soins d’affirmation de genre destinés à leurs jeunes. Ces changements politiques incluent notamment le refus de prescrire des inhibiteurs de puberté. Ces médicaments essentiels retardent l’apparition des changements hormonaux, offrant ainsi aux jeunes transgenres et en questionnement de genre plus de temps pour réfléchir et examiner leurs options avant de prendre des décisions irréversibles concernant leur corps. Il en revient aux médecins ou au personnel infirmier praticien de décider du traitement approprié en concertation avec leur patient. D’autres formes de soutien à la transition sont menacées, comme le droit des jeunes de changer de nom ou de pronoms à l’école. En interdisant l’accès à ces services, on augmente les risques pour les jeunes, qui sont souvent déjà en situation de grande vulnérabilité.

Une préoccupation majeure dans le débat actuel est le déni du soutien à la transition comme élément important d’un éventail plus large de soins centrés sur la personne et d’affirmation de genre. D’autres formes de soins d’affirmation de genre, adaptées à d’autres groupes démographiques, sont largement disponibles et généralement acceptées, sans susciter de controverse. Des exemples en sont l’augmentation ou la réduction mammaire, l’hormonothérapie substitutive pendant la préménopause et la ménopause, ou encore les interventions pour les personnes souffrant de perte de cheveux, de baisse de libido ou de dysfonctionnement sexuel. Ces interventions ne suscitent pas le même débat public, puisqu’elles ne sont pas associées à la stigmatisation, à la désinformation, à la peur ni à la haine, contrairement aux soins pour les personnes transgenres.

Nous applaudissons les médecins et les dirigeants du système de santé canadien qui ont sonné l’alarme concernant les politiques qui limitent l’accès aux décisions en matière de soins de santé prises par les médecins traitants ou le personnel infirmier praticien et leur patient ou client. Ils ont clairement exprimé leur appui à des soins de transition abordables, sécuritaires et immédiats, en particulier pour les jeunes et les membres de la communauté 2SLGBTQ+. Ces professionnels de la santé qualifiés prennent très au sérieux leur obligation de diligence envers les jeunes du Canada, et ils s’opposent fermement et solidairement aux attaques visant les soins d’affirmation de genre offerts aux jeunes transgenres. En 2024, l’Association médicale canadienne a déclaré son opposition aux politiques qui restreindraient l’accès aux soins d’affirmation de genre. De son côté, l’Ontario Medical Association a demandé que ces soins soient considérés comme prioritaires, les qualifiant de « vitaux , et Santé Ontario a publié des normes de qualité spécifiques aux soins d’affirmation de genre pour les personnes de diverses identités de genre.

Dans l’ensemble de l’Ontario, des initiatives locales mettent ces déclarations audacieuses en pratique. En voici quatre exemples :

 

Malgré ces excellents exemples, cela ne suffit pas. En Ontario, les délais d’attente pour les soins d’affirmation de genre sont encore très longs, et l’opposition à ces soins y est toujours présente. Il est crucial de ne pas laisser la désinformation, la peur et la stigmatisation dominer le discours sur les soins primaires fondés sur des preuves pour les jeunes et la communauté 2SLGBTQ+, en particulier pour les personnes transgenres. Ceux qui prétendent se mobiliser « pour les enfants » cherchent en réalité à mettre en place des réformes politiques qui, comme nous le savons, et comme le montrent les études, seront préjudiciables aux enfants et aux jeunes. Chaque individu devrait déterminer ses propres besoins en matière de soins de santé en collaboration avec son médecin ou son infirmier praticien ou son infirmière praticienne.

À l’occasion de la Journée du souvenir trans, qui aura lieu le 20 novembre, et des 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre qui suivront, il est important de se souvenir et de rappeler à tout le monde, y compris aux décideurs politiques, que :

Les soins destinés aux personnes transgenres sont des soins d’affirmation de genre, et ces soins d’affirmation de genre sont des soins primaires. Chaque personne a droit à ces soins, et leur refus met en péril des vies, y compris celles des enfants.

 

le Mardi 18 Novembre 2025