La sage-femme Manavi Handa (à gauche); l’infirmière Sideeka Narayan (à droite) Photo : avec l’aimable autorisation de l’Association des sages-femmes de l’Ontariopar Amber Lepage-Monette, Association des sages-femmes de l’Ontario

Un exemple probant : les lundis des sages-femmes (Midwife Mondays), un partenariat entre les CSC et les sages-femmes opérant dans le secteur ouest de Toronto, qui est conçu pour accompagner les femmes enceintes à statut précaire.

Le modèle a été très bénéfique et peut facilement être adapté à d’autres contextes. Les organisateurs espèrent faire de la recherche et en distribuer les résultats sur l’avenir possible de cette initiative.

Tout a commencé en 2012, peu après la création de la clinique sans rendez-vous pour les personnes sans couverture, une collaboration entre sept centres de santé communautaire (Access Alliance MHCS, Unison HCS, le CSC LAMP, le CSC de Black Creek, Davenport-Perth NCHC, le CSC de Stonegate et le CSC de Rexdale.) Cette clinique dirigée par du personnel infirmier praticien a été inaugurée en mars 2012 au point d’accès situé sur la rue Jane afin de fournir des soins épisodiques sans frais pour les personnes à statut précaire/sans couverture qui n’ont pas de fournisseur de soins primaires (médecin ou IP) et qui vivent à Toronto.

Peu après l’ouverture de la clinique au centre de la rue Jane, il est rapidement devenu clair pour l’infirmière coordonnatrice clinique Sideeka Narayan qu’il existait un autre groupe de personnes avec des besoins auxquels la clinique ne pouvait toujours pas répondre — les femmes enceintes à statut précaire.

« Nous n’avons pas été mis en place pour fournir des soins prénataux de routine sur une longue durée », explique-t-elle Sensible à l’importance cruciale des soins prénataux, en particulier pour cette population vulnérable, Sideeka Narayan a entrepris de trouver une solution.

Heureusement, elle savait que solliciter l’appui des sages-femmes serait un bon point de départ.  Les sages-femmes offrent également des soins à la mère et au bébé durant six semaines après la naissance. En Ontario, la sage-femme est une professionnelle de la santé agréée qui fournit des soins de santé primaires aux clientes tout au long de la grossesse, du travail et de l’accouchement lorsque le risque est peu élevé. Elles accompagnent des clientes qui accouchent à la maison, à l’hôpital et, à Ottawa et à Toronto, dans des centres de naissance.

Grâce à son travail à Access Alliance, Sideeka Narayan avait établi une relation de travail étroite avec la sage-femme Manavi Handa de West End Midwives. Ensemble, elles ont entrepris de mettre au point une solution de soins prénataux pour les femmes enceintes à statut précaire.  

À l’été 2013, Manavi Handa commencé à travailler bénévolement chaque lundi à la clinique, offrant des évaluations prénatales, mais elle a constaté que l’énormité de la situation exigeait un effort plus coordonné.

« Je me suis rapidement rendu compte que je n’étais pas en mesure d’être la seule sage-femme bénévole, et j’ai pensé que ce serait une occasion formidable pour d’autres sages-femmes de tisser des liens similaires avec des CSC, » dit-elle.

Manavi Handa approché sept cliniques de sages-femmes qui servent l’ouest de Toronto et la réponse ne s’est pas fait attendre — les pratiques ont convenu, lorsque cela est possible, d’accorder la priorité aux clientes référées par la clinique des immigrantes récentes.

Elle a également tendu la main aux sages-femmes de Toronto à la recherche de collègues pour assurer le bénévolat aux lundis des sages-femmes. Manavi Handa a été submergée de réponses et elle a pu recruter plus d’une douzaine de sages-femmes. Chaque personne à son tour fait du bénévolat à la clinique le lundi soir.

Les sages-femmes effectuent une évaluation prénatale et prennent les antécédents médicaux et obstétriques afin de déterminer le niveau de risque de la grossesse. Celles qui présentent un faible risque sont aiguillées vers l’une des sept pratiques de sages-femmes qui s’efforcent de leur accorder la priorité. Les personnes à risque élevé sont envoyées à un obstétricien.

Depuis le début des lundis des sages-femmes en 2013, les sages-femmes ont vu plus de 30 clientes — dont 75 % ont obtenu des soins obstétricaux à l’une des pratiques de partenariat de sages-femmes.

 « Si cette clinique communautaire n’existait pas, où iraient ces femmes? », demande Sadeeka Narayan. « Nous fournissons des soins qui n’étaient pas là auparavant, alors nous améliorons l’issue de la grossesse. »

Le travail interprofessionnel à la clinique assure également que les clientes reçoivent des soins optimaux. Lorsque les clientes ont besoin de tests pour des problèmes qui n’entrent pas dans les soins prénataux, les infirmières peuvent demander des tests et obtenir les résultats.   

Ce genre de travail important, et celui qui est fourni par les sages-femmes bénévoles avec la clinique NIWIC, est possible grâce à l’engagement des sages-femmes, précise Manavi Handa.« Ce qui a fait de cette initiative un tel succès est le nombre de sages-femmes qui se sont portées volontaires, » conclut-elle.

#Les statistiques

(Fournies par Manavi Handa, professeure adjointe — Programme de formation des sages-femmes de l’Université Ryerson) [Lien externe]

  • Il y a un nombre croissant d’immigrants à statut précaire au Canada
  • Leur premier point de contact est généralement un grand centre urbain :
  • Toronto, Montréal ou Vancouver
  • L’ampleur du problème : 500 000-1 000 000 à l’échelle nationale, ~20 000-200 000 à Toronto
  • Beaucoup de nouveaux immigrants sont des femmes en âge de procréer
  • Les cliniques pour les personnes sans couverture de Toronto rapportent que 20 % de la clientèle qui obtient des services se compose des femmes ayant besoin de soins prénataux

#Pourquoi

  • Le moyen le plus rentable d’améliorer les résultats pour toutes les femmes enceintes et les nourrissons
  • Sans soins prénataux : 4 fois plus susceptibles d’avoir un bébé de faible poids de naissance, 7 fois plus susceptibles d’être prématurés
  • Association incontestable entre les soins prénataux et l’issue de la grossesse
  • Argument financier convaincant : chaque $ consacré aux soins prénataux permet d’économiser de 2-3 $, ou 2 400-3 200 $ par personne (Données des États-Unis)
  • Conséquences à long terme pour les enfants
  • Les enfants de femmes sans couverture ont tendance ne pas être couverts (même s’ils sont admissibles)
  • Craintes des parents/incompréhension des politiques