Language switcher

Social Icons

Text Resize

Protection des préposés aux services de soutien à la personne contre la COVID-19

Les agents de santé communautaires de première ligne ont besoin d'équipements de protection pour faire leur travail pendant la COVID-19.

Madame la ministre,

Nous vous écrivons pour vous faire part de nos inquiétudes relatives aux décès de préposés aux services de soutien à la personne (PSSP) causés par la COVID-19. Le 6 mai dernier, M. Leonard Rodriquez est devenu le cinquième PSSP à mourir de la COVID-19 en Ontario. Des membres de la famille de M. Rodriquez ont déclaré à des journalistes que quelques jours avant d’arrêter de travailler, il a dû s’acheter des masques dans un magasin « tout à un dollar » puisqu’il était incapable de toujours avoir accès à de l’ÉPI au travail.

Nous sommes très préoccupés par ces récits faisant état d’un accès inadéquat à de l’ÉPI pour les travailleurs essentiels de première ligne. Nos membres rapportent toujours des difficultés à se procurer de l’ÉPI de leur chaîne d’approvisionnement ainsi que des instances provinciales et régionales chargées d’en faire l’allocation.

Les PSSP jouent un rôle essentiel dans les efforts de l’Ontario pour lutter contre la COVID-19. Ils offrent des services de première ligne à de nombreux points d’accès au sein du système, y compris les hôpitaux, les établissements de soins de longue durée, les résidences pour personnes âgées, les établissements résidentiels communautaires, les soins à domicile, et les résidences privées. Leurs tâches sont diversifiées : soins personnels, soins palliatifs, soutien à la réadaptation, aide à la mobilité, aide à l’administration de médicaments, soutien émotionnel et compagnie, répit et soutien pour les aidants, mise en œuvre des plans de soins des clients, aide à l’autonomie, etc. Les PSSP appuient le système de soins de santé canadien qui est déjà débordé afin de libérer les médecins et le personnel infirmier pour qu’ils puissent s’occuper des problèmes nécessitant des soins aigus.

Le nombre disproportionné de PSSP parmi les travailleurs de la santé qui sont décédés à ce jour ne fait que souligner que les efforts déployés pour protéger ces travailleurs essentiels et réduire leur exposition aux risques sont insuffisants. Cela est source de crainte et d’anxiété pour ces travailleurs quant à leur sécurité et celle de leur famille. Sans des travailleurs dévoués, notre système de santé s’écroulerait. Les PSSP sont des membres essentiels de l’effectif des soins de santé. Ils prennent soin des personnes les plus vulnérables dans nos communautés; pourtant, ils ne reçoivent pas le soutien nécessaire pour effectuer leur travail.

Nous sommes préoccupés que la province ne rapporte pas les décès des travailleurs de la santé en poste à l’extérieur des hôpitaux et des établissements de soins de longue durée. Nous sommes heureux des récentes mesures prises par la province pour rapporter le nombre de travailleurs de la santé dont le test de dépistage pour le virus est positif; nous exhortons la province à également rendre compte de manière transparente des décès de travailleurs de la santé.

De plus, les conditions de travail des PSSP nous inquiètent. Les salaires peu élevés dans l’ensemble du secteur demeurent un problème. Nombreux sont les PSSP qui doivent travailler à plus d’un endroit pour gagner un salaire décent et subvenir à leurs besoins. Des inégalités salariales sont aussi relevées selon l’emploi occupé dans le secteur de la santé; les PSSP qui travaillent dans les hôpitaux ont un salaire plus élevé et un meilleur programme de rémunération que ceux qui œuvrent dans des milieux communautaires.

Au cours de la pandémie de la COVID-19, nous constatons un manque de cohérence dans les décisions prises en matière de financement et de soutien par le ministère des Services à l’enfance et des Services sociaux et communautaires (MSESSC), le ministère de la Santé et le ministère des Soins de longue durée (MSLD). Par exemple, des fonds spéciaux sont réservés aux fournisseurs du MSESSC qui aident les adultes ayant une déficience intellectuelle. Les organismes qui reçoivent ce financement ont reçu l’autorisation de faire preuve de créativité avec leurs excédents de fin d’année, leur permettant ainsi de donner des primes de risque et des bonus de pandémie. Le fonds de réserve d’urgence du MSLD pour le secteur des SLD visant à financer les coûts liés au décret d’urgence obligeant le personnel à ne travailler que dans un établissement pourrait être utilisé pour augmenter la rémunération du personnel à équivalent temps partiel au niveau de celle du personnel équivalent temps plein; de plus, le financement accordé par le ministère de la Santé aux fournisseurs de services de santé mentale et de toxicomanie pourrait être utilisé pour des primes de risque. La standardisation des pratiques des organismes de financement doit être une priorité.

Les projections provinciales laissent croire que la COVID-19 demeurera une préoccupation pour encore plusieurs mois. Étant donné ce contexte, un soutien global doit être apporté aux PSSP. La province doit prendre des mesures dès maintenant pour assurer que les PSSP aient l’ÉPI dont ils ont besoin et pour normaliser les salaires dans l’ensemble du secteur afin de réduire la précarité et les risques pour les travailleurs.

Nous avons pu constater au cours des derniers mois que les PSSP sont exposés à un risque accru et qu’ils sont laissés pour compte. Des mesures urgentes doivent être prises pour remédier à cette iniquité dont ils sont victimes.

Dre Kate Mulligan, Directrice générale par intérim, Alliance pour des communautés en santé

Deborah Simon, Directrice générale, Association ontarienne de soutien communautaire

Vendredi, Mai 15, 2020
health